Faire de la politique autrement, militer vraiment pour des idées de Gauche, croire qu'un autre monde est possible et le vouloir... « L’avenir ce n’est pas ce qui va arriver, c’est ce que nous allons faire » Gaston Bachelard
Mercredi dernier, on a traversé le Rhône pour se rendre au meeting du front de gauche organisé à Privas. La salle était pleine, curieuse et attentive.
Elisa Martin, conseillère régionale de l'Isère du parti de gauche et petit bout de femme jeune et énergique a fait une intervention pleine de force et de conviction que je résumerai ainsi "Le front de gauche est en marche et il tient la route. On est là et on avance. "
A un représentant des alternatifs qui disait "La fédération est ok pour le front de gauche, MAIS on attend le NPA", Véroni
que Louis conseillère régionale du PG de l'Ardèche a répondu : "On ne va pas jouer
à coucou, fais moi peur, il faut y aller et vite. Les gens souffrent trop ".
Elle a rappelé que, lors du référendum sur le traité où les ardéchois ont voté à 60 % pour le non, les partisans du non avaient milité la main dans la main. Dans ma voiture, il y avait toutes les affiches, et je les collais toutes. Il faut continuer à avancer ensemble."
Jacques Généreux, économiste, secrétaire national du PG, a quant à lui, fait de la pédagogie devant un public ravi qu'on lui explique les choses
simplement.
Il a fait le constat de la dérive socio-libérale du PS en France et en Europe, a regretté que ce soit le modèle économique anglo-saxon qui ait gagné la partie en Europe. Il a expliqué, que
faute de pouvoir convaincre à l'intérieur du PS que le libéralisme conduisait le monde à sa perte, le parti de gauche s'était créé pour inventer l'autre gauche, celle qui dit que le
capitalisme, ça suffit comme ça.
Mais pas de révolution au programme, ni de goulag, a-t-il dit. C'est toujours nécessaire de préciser ces évidences, les gens se demandant, si ce n'est plus le capitalisme, à quelle autre
sauce vont-ils être mangés ? On ne va pas tout nationaliser, a-t-il rajouté, "Votre coiffeur restera une entreprise privée !" Il s'agira de réformer le capitalisme financier et cela "c'est
possible en une législature."
En si peu de temps, ça fait rêver ! Le parti de gauche, "ce n'est pas l'extrême gauche ", c'est la gauche, la gauche de transformation, réformatrice qui dit que la compétition économique effrénée conduit à une impasse sociale et écologique. En espérant que le PS entende et arrête de croire aux vertus du libéralisme.
Donc, une belle soirée didactique qui nous rend fiers d'être adhérents de ce nouveau parti, le parti de gauche et confiants dans la capacité des cadres intellectuels de ce parti à trouver la voie pour des lendemains meilleurs. Sans oublier un salut amical aux militants PG et PC de l'Ardèche pour l'organisation de cette réunion et leur accueil cordial.
Après le congrès constituant du Parti de gauche, place à l'action militante de base : faire connaître le PG localement.
Comment ? En allant à la rencontre des citoyens sur les marchés, par exemple.
Donc, on part gaillardement mardi matin sur le marché de Livron, des tracts annonçant le meeting du Front de gauche de Privas dans les poches. La tâche n'est pas aisée, mais le matériel disponible (affiches rouges aux textes percutants) réveille le citoyen. Les conversations sont nombreuses et les sujets divers.
Au touriste anglais qui demande "C'est le parti d'Olivier Besançenot ?", on répond que ce n'est pas la même boutique mais qu'on est copains.
Au commerçant adhérent du Modem qui demande combien on est : "4000 adhérents en 2 mois, ça en jette, hein !"
A la militante des Verts qui s'interroge sur la dimension écologique du PG, on ne peut que lui proposer d'écouter le discours de Corinne Morel-Darleux au congrès sur le blog du parti de gauche et de lire les propositions concrètes en matière d'écologie contenues dans les textes votés au congrès. Le parti de gauche est un parti fondamentalement écologiste. Il est inutile d'en douter.
En revanche, quand la militante verte nous dit que Cohn-bendit est de gauche et anti libéral, là on tousse ! Ou bien, il nous en fait la preuve et les Verts avec, en rejetant publiquement le Traité de Lisbonne et en s'activant à construire avec nous cette autre gauche, la gauche de transformation dont la France et l'Europe ont besoin.
Et le citoyen lambda, qu'est-ce qu'il en pense de tout ça ? Il y a les déçus du PS qui ont envie d'une autre gauche, mais qui ne connaissent pas encore le PG, d'où notre rôle déterminant de
militants de base de passeurs d'information. Et quand on parle d'un front de gauche, ça suscite de l'enthousiasme.
Et puis, il y a ces expériences de vie partagées :
- un monsieur de 89 ans qui se rappelle avec émotion les défilés du front populaire de 1936 quand il tenait le fanion.
- une dame, qui réagit à l'affiche "Le travail à 70 ans, ça suffit comme ça !" et dit
"Sarkozy, je lui mettrai bien un coup de pied au cul. J'ai commencé à travailler à 13 ans, je suis fatiguée. Reculer l'âge de la retraite, c'est scandaleux."
Donc, un bilan positif de ces RDV citoyens. On recommence dès que possible et cette fois-ci, on n'oublie pas la tirelire, vu qu'un monsieur était prêt à faire un don "C'est où qu'on paye ?" qu'il nous a dit. Et le PG a pour l'instant très peu de moyens. Avis aux potentiels donateurs !