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Faire de la politique autrement, militer vraiment pour des idées de Gauche, croire qu'un autre monde est possible et le vouloir... « L’avenir ce n’est pas ce qui va arriver, c’est ce que nous allons faire » Gaston Bachelard

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CONTRIBUTION AU DEBAT SUR LA CONSTRUCTION DU PG

Par DIDIER THEVENIEAU - PG 26

Membre du conseil national

 

            Ces élections ont montré que l'unité était le bon choix. Non pas parce que cela a permis de faire un « coup électoral » mais parce que cette orientation a défendu, fait entendre et  donné un début de crédibilité aux idées de « la Gauche du Peuple » face à l'absence de perspective de « la gauche d'élus ». Cette avancée, pour nous, doit se poursuivre mais il faut savoir comment et savoir quelle place on veut que le PG tienne dans cette construction.

 

            Pour cela, nous devons faire un constat évident. Au-delà du resserrement croissant des liens entre le PG et le PC, chacun de nos partis s'est senti frustré dans cette campagne.

Ce dernier, n'ayant pas l'habitude de mener une campagne à plusieurs, a eu du mal à accepter notre présence et même notre omniprésence. Nous étions sur la lancée de notre congrès constituant, plein d'enthousiasme, alors que le PC a pris la campagne départ arrêté. Ce frottement initial ne pouvait que provoquer des étincelles.

 

            De notre côté, la frustration a été certaine et on la ressent encore au lendemain des élections. Cette poussée des Verts ne peut que nous donner des regrets. En effet, nous avons, nous aussi, une véritable vision de l'écologie ; une écologie moderne, cohérente, structurée, proposant des solutions crédibles et orientées dans un but social et politique large. Nous n'avons pas pu développer ces thèmes en campagne. Quoi qu'on en dise, chacun sait que nous nous sommes alors sentis lestés par le PC (à tort ou à raison). Notre programme n'est pas encore complètement posé mais nous aurions pu faire valoir des thèmes qui nous sont chers.

 

            C'est pourquoi nous devons envisager la poursuite du Front de Gauche en posant le PG comme moteur idéologique, force de proposition, et pas seulement de contestation. Nous avons fait une campagne en négatif (comme le fait toute la gauche depuis longtemps) et nous avons élaboré notre unité à partir de ce CONTRE quoi nous luttions. Il est temps, pour ne pas courir le risque d'être inaudible, de la construire sur ce POUR quoi nous militons, ce EN quoi nous croyons.

 

            Notre première idée directrice était le NON au TCE et le refus du Traité de Lisbonne. Nous nous sommes alors reposés sur les méthodes efficaces de 2005 (réunions de proximités) tout au long de la campagne. Il fallait le dire et le faire mais pas aussi longtemps. Nous avons tous compris, après 4 semaines que les réunions publiques étaient usantes et qu'elles ne servaient, en fait, qu'à convaincre les communistes qui ne l'étaient encore pas, de la nécessité du FdG. Cela était nécessaire, mais une fois cette tâche accomplie, nous aurions dû passer à autre chose.

            De plus, utiliser l'argument du référendum renié a été néfaste à notre visibilité car cela a contribué à l'abstentionnisme. En effet, ressasser que la démocratie a été bafouée (bien qu'il faille le dire) cela revient à dire : « votre vote a été inutile ». C'est exactement ce que des millions de gens attendaient d'entendre pour ne pas aller voter. Maintenir le sentiment d'injustice d'une majorité, c'est soit l'appeler à la révolte (ce qui n'est pas notre ligne politique), soit la soumettre à la résignation. Continuer sur cette voie serait une véritable erreur politique car cela mettrait en évidence l'inefficacité d'une unité majoritaire.

            Il faut ajouter à cela l'erreur éternelle de l'appel au vote utile. Cet argument est tout d'abord obsolète car tous les partis le revendiquent (le FN et le PS en particulier) et du coup notre singularité est noyée. Mais plus encore, c'est de la valeur de la République dont il est question ici. Il y aurait des votes inutiles ? Alors autant rester chez soi puisque la réalité politique correspond si peu souvent à l'attente qu'on en a. Cet argument est populiste, voire plébiscitaire. Le vote utile ne vaudrait que si tout le monde votait la même chose ! C'est bien pourquoi c'est un argument récurrent de l'extrême droite. Prôner l'efficacité d'un vote, c'est en détruire la valeur. Nous ne devons plus tomber dans ce piège. Nous devons, au contraire, dénoncer ceux qui s'en servent, comme le PS et ses calculs mensongers. Si le PG veut avoir la crédibilité d'un parti nouveau, avec des comportements nouveaux, il doit redonner sa dignité au vote des citoyens, valoriser la voix du peuple et pas la minimiser.

            Cette lutte contre le traité de Lisbonne devient donc paralysante et pour tout dire sans avenir, et ceci en partie à cause de notre second argument « fort » de cette campagne : NON à Sarkozy.

            Là encore, cet appel ne nous distingue en rien des autres partis de gauche. Quand on est de gauche, cette lutte est d'une banalité qui ne montre rien. Par contre, c'est déjà ouvrir la voix à une opposition, de droite, à Sarkozy car cette position sera considérée comme héroïque (de la part d'un Villepin ou Juppé, par exemple) là où elle apparaît comme une banalité affligeante à gauche. Tuer le père est plus émancipateur que tuer son ennemi...

            De plus, à avoir voulu faire de ces élections un référendum contre Sarkozy, alors que l'on savait que la droite arriverait en tête, en tout cas que la gauche que nous représentions ne pourrait pas rivaliser, c'était ouvrir un boulevard au capitalisme. Xavier Bertrand peut dès lors s'enorgueillir d'avoir gagné ce référendum ! Cela lui donne de la crédibilité pour justifier le traité de Lisbonne et la présidence française de l'Europe. De notre côté, nous montrons que ce vote contre Sarkozy était inutile, une fois de plus.

            Alors que nous devrions minimiser le rôle de Sarkozy pour maximiser notre place, nous collons des affiches sur lesquelles son nom est écrit en plus gros que celui du Front de Gauche ! N'y a-t-il pas là une incohérence flagrante ?

 

            Nous n'avons pas besoin d'exister par défaut, nous dire à la gauche de la gauche, ou nous dire anti-ceci ou contre cela. Nous sommes « la Gauche du Peuple ». Nous avons des idées et des projets suffisamment solides pour les faire valoir par eux-mêmes. Nous devons prendre confiance en nous, nous émanciper nous-mêmes avant de vouloir émanciper nos concitoyens. Nous devons assumer fièrement notre volonté de construire un monde nouveau. L'avenir du PG est là et pas ailleurs. Nous devons, dans ce FdG être le parti de proposition, le parti d'une idéologie nouvelle et assumée en tant que telle, d'un idéal social, républicain, écologique, nous devons inventer de nouveaux modes d'actions, repenser nos comportements politiques, élaborer une démocratie interne et des structures créatrices d'espaces pour tous ceux qui voudraient nous rejoindre, rompre avec la contestation pure et simpliste.

 

            Pourquoi ne pas réfléchir à un mot d'ordre constructif et porteur d'espoir ? Pourquoi ne pas redonner à la République ses valeurs fondatrices ? Pourquoi ne pas proposer un nouveau pacte (contrat) social fondé sur les exigences de la République, la Liberté, l'Egalité, la Solidarité, la Laïcité, l'Education, mais aussi sur des valeurs nouvelles comme l'Ecologie et le Vivre-Bien ?

 

            Il est temps, camarades, que le Peuple Politique s'affirme face au Peuple du Droit. Les hommes n'ont cessé de se battre pour construire un monde de bien-être durable et équitable, ne resserrons pas notre regard sur les tours de manches des illusionnistes libéraux. Ouvrons notre champ d'action à l'imagination et à l'intelligence. Le Peuple s'unit d'abord dans un dissensus, alors donnons à chacun la possibilité d'exprimer sa différence au sein du Front de Gauche.

 

« L'unification du peuple n'est donc jamais une unité réalisée, mais un processus traversé de son contraire. » (Gérard Bras, «Le peuple du droit contre le peuple de la politique», Dissensus, N° 1 / décembre 2008)

 

 

 

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B
Extrait du texte concernant l'engagement du PCF "Ce dernier, n'ayant pas l'habitude de mener une campagne à plusieurs, a eu du mal à accepter notre présence et même notre omniprésence. Nous étions sur la lancée de notre congrès constituant, plein d'enthousiasme, alors que le PC a pris la campagne départ arrêté. Ce frottement initial ne pouvait que provoquer des étincelles." Je suis surpris par cette appréciation sans rapport avec les forces militantes engagées sur le terrain. Les résultats de Portes les Valence 21.% et ceux de Die 12 % n'auraient -ils aucun lien avec l'activité déployée par le PCF ?
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M
Merci pour ce point clair, intelligent, stimulant. Nous sommes parfaitement d’accord sauf, peut-être, pour l’adjectif « équitable » qui renvoie trop au substantif dont se seront repus, pendant trois décennies, la droite et ses alliés objectifs, y compris l’arrogante Rocardie et ses épigones sociaux-libéraux à la Valls. De grâce, camarade, pas d’équité ! Tu as raison de revendiquer « l’égalité » mais il faut simultanément mettre en avant la démarche qu’elle suppose, la vigilance qu’elle demande quant à l’infiltration sournoise de son substitut « l’équité » dans le débat social voire sociétal. Pour le reste on adhère sans réticence à tes propositions et l’on reste attaché à l’alliance avec le PC quelles que soient les difficultés rencontrées. En revanche on comprend mal que le PG, au niveau national, envisage dès maintenant la fusion de ses listes avec celles du PS lors des prochaines régionales. N’est-ce pas ce que suggère la déclaration du Bureau National en date du 11 juin dernier ? « Dans la perspective des prochaines élections régionales, le Parti de Gauche propose d’ouvrir des discussions sur les changements politiques à opérer dans la gestion des régions. Il constate que le PS et les Verts abordent cette échéance avec une stratégie d’alliances à la carte. Dans ces conditions, il se prononce pour la constitution de listes du Front de Gauche, autonomes et ouvertes à toute l’autre gauche. De telles listes pourraient prendre la tête de la gauche et faire élire de nouveaux gouvernements pour nos régions. Si elles n’y parvenaient pas, elles se mobiliseraient évidemment pour battre la droite au deuxième tour. Elles seraient bien sûr disposées pour cela à fusionner avec la liste de gauche arrivée en tête si les conditions politiques le permettent, notamment si celle-ci ne comprend pas de r eprésentants du Modem, car on ne peut vouloir incarner une alternative au système en s’alliant avec ses partisans. » Si, par bonheur, j’avais mal compris, il serait opportun de préciser les choses. Faute de quoi il est à craindre la désaffection d’un grand nombre de sympathisants voire militants du PG, qui n’entendent aucunement nouer le moindre lien avec le PS « rénové » ou pas !
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