Faire de la politique autrement, militer vraiment pour des idées de Gauche, croire qu'un autre monde est possible et le vouloir... « L’avenir ce n’est pas ce qui va arriver, c’est ce que nous allons faire » Gaston Bachelard
Samedi 7 mars
2009
1er Conseil National du Parti de Gauche
Dès notre arrivée, nous avons été surpris par la longueur de la queue dans le couloir qui donnait accès aux enregistrements des présences. Les responsables du Bureau National semblaient eux aussi interloqués. C'était bon signe ! Cela voulait dire que le nombre de membres du CN était supérieur à celui prévu, conséquence nécessaire d'un progrès des adhésions. Première information de la journée : le nombre d'adhérent-es-s du Parti de Gauche ne cesse de croître et ce, à une vitesse impressionnante. L'espoir qui flottait dans les couloirs était d'atteindre les 8000 à la fin de la campagne...
Il a donc fallu reporter les formalités pour commencer les débats !
Claude Debons, président de cette séance et premier homme de la liste PG dans la circonscription Sud-Est a ouvert notre 1er Conseil National, assisté de Corinne Morel-Darleux, 1ère femme de la liste PG dans la circonscription Sud-Est. Nous nous sentions déjà à l'aise, bien représentés !
C'est François Delapierre, membre du secrétariat national qui a lancé les débats avec un exposé sur la situation politique aujourd'hui, ses conséquences sur les mois qui viennent et les élections européennes.
La particularité de ces élections est qu'elles arrivent pendant une crise terrible. Dans 3 mois, lorsqu'il s'agira de voter, où en sera le pays ? Nombre de chômeurs en croissance exponentielle, fermetures d'entreprises, luttes sociales, manifestations, grèves, ... Cela signifie que ces élections, souvent reléguées au second plan , doivent être le lieu d'une véritable prise de conscience politique. Nous devons donc prendre garde à tou-tes-s ce-lles-ux, de l'UMP au PS, qui voudront sortir ces élections du problème politique actuel. Nous devons faire comprendre aux élect-rices-eurs que l'issue de leur choix annoncera la teneur des conditions de sortie de la crise. En effet, si la droite, et plus généralement les idées capitalistes et libérales, obtenaient une victoire claire, rien ne pourrait arrêter le gouvernement en place dans son travail de déstructuration de la société. Si, par contre, les forces de gauche, à l'œuvre dans le Front de Gauche, montrant ainsi leur capacité à s'unir pour l'intérêt général, expriment une présence incontournable sur la scène politique française et européenne, si les élect-rices-eurs font comprendre au politicien-nes-s figé-es-s qu'un mouvement populaire est à l'œuvre, alors, les agitations sarkozistes n'effraieront plus grand monde.
Mais, comme l'ont souligné-es-s quelques camarades, ne soyons pas dupes. La crise va aussi mettre les français-es sur le carreau et on peut craindre que les préoccupations principales du mois de juin ne soient pas celles des élections. C'est donc à nous, adhérent-es-s, militant-es-s, sympathisant-es-s, de porter nos espoirs jusqu'aux oreilles de tou-tes-s ce-lles-ux qu'on assourdit. Les licenciements, les attaques contre le droit du travail, l'augmentation des coûts à la charge des citoyens (santé, assurance, retraite, imposition locale,...) sont autant de moyens pour émietter les luttes sociales. Nous devons donc, en tant que force motrice du Front de Gauche, apporter une forme d'assurance à des français-es assommé-es-s, déçu-es-s de tous les discours entendus jusqu'alors. Leur véritable ennemi, et le nôtre évidemment, c'est l'abstention, la résignation. Nous devons leur apporter l'assurance de notre engagement. Il n'y a pas d'ambiguïté. Nous lutterons aux côtés de tous ce-lles-ux, sans exclusive, qui voudront :
1 - Battre la droite.
2 - Garder leur indépendance totale vis-à-vis du Parti Socialiste Européens
3 - Rétablir la démocratie en Europe et revenir sur le traité de Lisbonne, parfaite représentation des politiques catastrophiques qui nous ont mené-es-s à cette crise.
4 - Construire une autre Europe, sociale, écologique, démocratique.
Ces 4 axes sont ceux du Front du Gauche. Celui-ci se construit, activement, c'est ce qu'à « tenté » (tellement la tâche est complexe) de nous expliquer Eric Coquerel en nous annonçant le ralliement de Christain Picquet et d'une parti du NPA.
Tout ceci est donc de bonne augure. Le meeting de lancement a donc inscrit le Front de Gauche dans la réalité, montrant ainsi, à tous ceux qui hésitent encore, que cela est possible. La gauche française peut s'unir si elle ne regarde que l'intérêt général et si elle sait traduire la volonté générale. Dans le cas où certain-es-s laisseraient des intérêts particuliers prendre le pas sur la demande profonde des français-es,elles-ils devraient en assumer la responsabilité et les conséquences.
Il nous semble, quant à nous, Parti de Gauche, que seule l'expression populaire peut changer les règles du jeu en profondeur. La droite modifie ces règles pour que le jeu se poursuive, le PS s'accommode des règles si on lui passe le ballon de temps à autres. Nous, nous ne voulons plus de ce jeu de dupe dans lequel une minorité seulement a accès au ballon et où l'immense majorité sert de sparing partner. Nous voulons changer les règles et peut-être le jeu lui-même. Seulement, la révolution ne nous semble pas le meilleur moyen. A regarder ce qui s'est passé, et se qui se passe en Guadeloupe, on comprend mieux pourquoi. En effet, après 44 jours de grève générale et de soulèvement du peuple, de « révolution », aucun nouveau système n'a émergé spontanément ! Des négociations ont abouti favorablement et on ne peut que s'en réjouir. Mais qu'en sera-t-il dans un an, deux ans, si ces avancées ponctuelles ne trouvent pas dans une refonte politique radicale de la société Antillaise, une structure pérenne ?
Le Parti de Gauche se bat au sein du Front de Gauche pour cette idée là. Ce n'est pas notre notoriété, nos ambitions qui sont en jeu. Partout où nous devons laisser la place sur les listes pour favoriser l'union, nous la laissons. Nos leaders ne vont pas aux élections européennes pour avoir les honneurs. Ce sont des coups qu'ils recevront. Nos deux représentants nationaux, Marc Dolez (député) et Jean-Luc Mélenchon (sénateur) auraient plus d'intérêt personnel à rester dans leurs fauteuils. Seulement, ils vont aller représenter le Front, l'un face à Olivier Besancenot (JL Mélenchon), l'autre en acceptant une troisième position dans le nord (M. Dolez) et prenant donc le risque de ne pas être élu.
C'est dans cet esprit volontaire, réaliste et ouvert que nos listes se sont constituées. Bien que chacun-e reconnaisse que la méthode retenue pour choisir nos candidats ne soit pas parfaite et qu'il faut que la commission « démocratie interne » y réfléchisse, une très grande majorité des membres du CN a approuvé ces listes que vous trouverez en PJ. Il va de soi que des changements sont possibles en fonction de l'évolution du Front de Gauche.
La journée s'est poursuivie avec Gabriel Amard qui nous a fait état des réflexions sur les argumentaires à mettre en place pour ces élections européennes.
L'exposé d'Helen Duclos a permis, ensuite, de voir sur la structuration des commissions du programme. Tout cela se met en place et des appels à candidature parviendront à tou-tes-s les adhérent-es-s dans les semaines à venir. Un responsable par commission sera proposé par le Bureau National.
La commission « démocratie interne » a déjà été mise en place lors de ce Conseil National. Bien que sa constitution, là encore, a posé problème à certain-es-s camarades, la grande majorité a décidé de la valider immédiatement. En effet, il aurait été étonnant, sous prétexte de plus de démocratie, de repousser la date à laquelle la commission indépendante devrait réfléchir à ce problème. Il faut cette commission pour que les structures démocratiques du parti s'améliorent mais nous n'aurions pas mis en place cette commission sous prétexte que les structures démocratiques ne sont pas parfaites ?!... Devant cette contradiction, nous avons décidé, d'un commun accord, de faire confiance à nos camarades qui la constituent. Nous avons eu d'autant moins de mal à accorder notre confiance à ceux-ci, nous, représentants du PG26, que Patrick Thomas, un de nos adhérents, en fait partie. Nous le félicitons et lui assurons notre soutien, nos idées et notre participation à cette tâche que l'on sait ardue.
Cette fructueuse journée s'est terminée sur le discours de Jean-Luc Mélenchon.
Confiance, enthousiasme, vitalité ont été les mots maîtres de cette intervention. Nous devons être les meilleurs artisans du Front de Gauche. Nous devons partout, avec tou-tes-s, œuvrer à l'unité de la Gauche anticapitaliste et antilibérale. Nous devons partout et tout le temps aller expliquer notre démarche, rencontrer et convaincre, proposer et accompagner les citoyen-nes-s. La région parisienne est certes une région particulière, mais elle est représentative de ce que doit être notre campagne. Les rues sont remplies d'affiches pour le Front de Gauche, les tracts ont été distribués par milliers, les rencontres ont été multipliées. Du coup, les plus mauvais sondages donnent le Front de gauche à égalité avec le NPA dans cette région !
L'espoir de Jean-Luc est que nous transmettions notre énergie à toute la France et que cette dynamique emporte tous les partis figés au-delà des horizons électoraux. C'est pourquoi nous devons mettre en place rapidement et largement des Comités de Soutien au Front de Gauche. Ces comités doivent recueillir des signatures, le plus possible, de toute nature, individuelle, associative, syndicale, professionnelle, culturelle, sportive, politique, ... Nous devons mobiliser l'attention, être présent-es-s partout où les débats l'exigeront, partout où l'action sociale se fera entendre, partout où on nous le demandera, partout où on ne nous attendra pas. La campagne est lancée, le Front de Gauche est constitué, le Parti de Gauche est prêt ! Allons y ! Tous ensemble, construisons la Gauche Française, une gauche tendues vers des valeurs universelles et porteuses d'avenir.
Didier