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Faire de la politique autrement, militer vraiment pour des idées de Gauche, croire qu'un autre monde est possible et le vouloir... « L’avenir ce n’est pas ce qui va arriver, c’est ce que nous allons faire » Gaston Bachelard

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IDENTITE ET IDENTIFICATION

Comme le dit si bien notre camarade Max (voir article « Tout le monde à gauche. Et comment !), ne nous trompons pas d’ennemi. Nous sommes de gauche, résolument de gauche et notre combat doit être mené contre les idées de droite. Mais attention ! Là encore, pas d’erreur. Combattre les idées de droite, ce n’est pas seulement dénoncer les abus de Sarkozy. C’est surtout et avant tout lutter pied à pied contre les coups de boutoir du capitalisme et du libéralisme.


Devenir « sarko-phage », c’est s’enfermer dans l’illusion qui laisse croire que la fin d’un homme serait la fin du néolibéralisme. En personnifiant le pouvoir, c’est la France qu’il a confisquée aux citoyen-ne-s, mais plus encore, c’est l’avenir politique de notre pays qui nous a été volé. Ne tombons pas dans son piège, rendons la politique à nos concitoyen-nes-s. Ne lui faisons pas le plaisir de le suivre là où il veut nous mener. Il n’est qu’un dommage collatéral d’une destruction massive bien plus grave. N’oublions pas que la droite est au pouvoir, pas seulement un homme. Ne perdons jamais de vue que les idées de droite s’étendent jusqu’aux frontières de notre idéal, là même où nous croyions, il y a encore 25 ans, qu’une vie juste était possible pour nos enfants.

 

Ce-lles-ux qui sont né-es-s en 1984 et qui aujourd’hui sortent des universités, ou installent leur avenir, ou espèrent une vie digne, ou rejoignent nos rangs, savent bien que nous nous sommes trompé-es-s. Elles-Ils savent que leurs efforts pour obtenir un diplôme ont été ignorés, elles-ils savent que la mondialisation les aliène au travail en les soumettant à des craintes de plus en plus inacceptables, elles-ils savent que la nature, leur santé, ont été sacrifiées sur l’autel de la consommation. Elles-Ils voient leurs parents, leurs grands-parents, vivre cette responsabilité dans la souffrance. Elles-Ils voient que les droits des femmes ont régressé, que l’égalité entre les Hommes n’est plus assurée par l’Etat, que le respect de leur avenir n’est plus à l’ordre du jour.

 

Nous avons une responsabilité lourde et « engageant e» vis-à-vis de tou-tes-s ce-elles-ux qui, de toutes conditions, de toutes nationalités, de toutes cultures, ont été trompé-es-s, trahi-es-s, humiliées-s par ce-lles-ux en qui elles-ils avaient confiance.

 

Cette confiance, nous ne la reconstruirons que si nous commençons par être confiant en nous-même. Nous devons affirmer notre identité. Elle existe, elle est reconnaissable, sincère parlante. Arrêtons de nous situer par rapport à quelque chose d’autre que nous-même. Nous ne sommes pas la gauche de la gauche, nous ne sommes pas la gauche du Parti Socialiste. Nous sommes le Parti de Gauche. A gauche de la gauche, y a-t-il encore de la gauche jusqu’à l’infini ? Et à droite de la gauche, c’est la droite ? Le centre ? Depuis longtemps, les femmes et hommes politiques des grands partis ont voulu nier cette distinction radicale entre la droite et la gauche. Depuis longtemps on a voulu nous faire croire qu’un seul modèle était possible et que les divergences électorales étaient de pure forme. Les un-es-s seraient plus sensibles à la sécurité, les autres à la liberté. Ainsi aux extrêmes on pouvait placer d’un côté les liberticides, tyrans, militaristes, et de l’autre les laxistes, cultureu-se-x, utopistes, profiteu-ses-rs, fainéant-es-s.

 

Ne nous laissons pas enfermer dans cette réduction infâme qui laisse croire qu’entre la révolution bolchevique et la dictature nationaliste, il ne reste que le capitalisme et le libéralisme, seule garantie pour préserver la paix. Détruisons cette illusion. Le Parti de Gauche est une chance. Ce n’est pas un parti de plus, c’est un souci de moins. Ne nous trompons pas d’ennemi et offrons au peuple qui n’aspire qu’à se libérer, les outils pour le faire. Notre ennemi c’est la totalité des idées de droite, sans distinction d’origine. Notre ennemi c’est la haine de l’autre provoquée par ce-lles-ux qui veulent diviser, c’est le renfermement sur soi-même qu’encouragent ce-lles-ux qui veulent affaiblir, c’est la résignation imposée par ce-lles-ux qui veulent manipuler. Combattons les démagogues de tous poils qui nous demandent de ne pas participer à la vie politique, d’accepter les choses, de leur confier notre pouvoir, ce-lles-ux qui nous disent de ne pas « penser pourvu qu’on puisse payer » (Kant-« Qu’est-ce que les Lumières ? »). Se focaliser sur Sarkozy, c’est créer les conditions d’enracinement au pouvoir d’une droite qui, un jour ou l’autre devra bien se débarrasser de son omniprésident. Laissons-les faire, ce jour est peut-être plus proche qu’on ne le croit. Mais faisons savoir que c’est la droite toute entière qui mène les politiques actuelles.

 

Se situer à gauche du PS ou à gauche de la gauche, c’est reconnaître que le PS est toujours à gauche et se définir en fonction d’eux. Renonçons à notre amertume. Nos reflux gastriques passeront bien après quelques bons résultats électoraux. Nous n’avons pas le droit, pour tou-tes-s les déçu-es-s du pouvoir politique, de construire le parti de gauche sur les seules expériences du passé, sur les rancœurs et les attitudes réactionnaires. Appuyons-nous sur l’histoire de la gauche française mais inventons une nouvelle façon de poser les problèmes politiques. Agissons, engageons-nous, construisons, passons à autre chose, à une autre politique, à un autre monde, à une autre Histoire.


Le Parti de Gauche, c’est une Autre Histoire…



 

DIDIER


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